2o février à 24 février 2011
20 février 2011
Allo Karen,
Oui, demain nous entamons notre quatrième semaine et j’ai corrigé la deuxième ce soir. Deux semaines de livraison … le temps.
Ce soir, je me sentais plus à mon aise avec la correction. J’avais plus de facilité à te comprendre … à apprécier les images que tu crées avec tes fautes d’orthographe, tes erreurs de conjugaison et ta confusion dans l’utilisation des articles. Je les voie plus maintenant comme ta façon d’exprimer ta perception, ta sensibilité des choses, que comme des erreurs linguistiques. J’ai aussi bien respecté ta règle de ne rien mettre en majuscule et j’ai essayé d’harmoniser l’orthographe de Sainte-Thérèse, la pauvre … elle allait de st.thérèse à saint thérèse en passant par saint Thérèse. J’ai tout replacé par sainte-thérèse. Peut-être que tu n’accepteras pas mon trait d’union, mais bon j’avais besoin de les uniformiser. Pourquoi finalement ? Je ne sais pas.
Parenthèse de signification
Dans un de tes courriel, tu disais que tu préparais ton café ‘’ à apporter’’ et je me suis demandé si ce n’était pas plutôt ‘’à emporter’’ que nous devions utiliser.
Voici ce que L’Office québécoise de la langue française nous raconte à ce propos :
Les verbes apporter et emporter, proches par le sens et la prononciation, sont souvent confondus.
Apporter signifie « porter un objet quelque part ou à quelqu’un ». C’est dans ce sens qu’on le confond le plus souvent avec le verbe emporter. Le verbe apporter met l’accent sur le point d’arrivée, sur l’aboutissement, sur le rapprochement. Cette idée de « direction vers » est exprimée par le préfixe a-. Apporter peut également signifier « fournir », « manifester » et « entraîner ».
Emporter signifie « prendre avec soi un objet en partant d’un lieu », sens qu’on peut confondre avec le premier sens du verbe apporter. Contrairement au verbe apporter, le verbe emporter met l’accent sur le point de départ, sur le lieu que l’on quitte, sur l’éloignement, cette idée étant rendue par le préfixe em-. Emporter peut aussi avoir d’autres sens. Il peut signifier « entraîner avec force et rapidité » et, à la forme pronominale, « se laisser aller à la colère ». La locution l’emporter, quant à elle, signifie « avoir le dessus ».
… l’arrivée ou le départ ?
Fin de la parenthèse.
P.S. : Plus tu m’écris plus j’ai de choses à te partager.
À très bientôt Karen.
Geneviève Matteau
bonsoir geneviève,
merci… j’aime beaucoup ton attention vers le temps, vers les mots.
k
21 février 2011
bonjour geneviève,
lorsque que je me rends à la gare sainte-thérèse, je me repose. si ce voyage de la maison à la gare et ensuite ce retour vers la maison était une phrase, la pause à sainte-thérèse serait une virgule. je plie mon journal métro en deux, je le place dans le petite rayon du soleil qui touche le banc sur le côté extrême gauche, puis ensuite, je m’assis sur le journal, sors ma carafe de café et déverse le café dans la tasse. je ne sais pas pourquoi j’aime cet espace autant. peut-être que c’est parce que l’espace autour du chemin de fer est ouvert, qu’il n’y a pas d’activités vraiment frénétiques et que mes oreilles sont couvertes par deux couches, la tuque puis ensuite la “hoodie” qui rendent le monde moins bruyant.
sur le trottoir une mama qui pousse sa poussette très lentement. à coté d’elle un enfant d’environ trois ans qui ne marche pas sur le trottoir, mais sur la neige d’une cours à l’autre.
k
22 février 2011
bonne journée geneviève,
je remarque plus que d’habitude les sons autour de moi…même la personne qui marchait en arrière de moi et qui a traversé parc westmount et qui ne levait pas ses pieds me semblait porter des bottes trop grandes et traîner ses pieds plus près de la terre. mais aussi les oiseaux. as-tu remarqué que les oiseaux sont retournées en force?
(when i am tired sound concerns me more than “normal” and when the person was walking behind me in the park i was thinking how rude it was that people make unnecessary sounds when they walk…normally i wouldn’t be thinking that at all!)
je ne sais pas si tu as cette impression, pendant l’hiver, si tes pensées se tournent vers les arbres, avec leurs branches sans feuilles qui ont l’air d’être des racines. c’est comme si les racines des arbres était renversé et maintenant au lieu de pousser en bas dans la terre, les racines poussent en haut vers le ciel. ça me donne une drôle d’impression comme si la terre était renversé et qu’on marche maintenant de l’autre côté. like the world turned itself inside-out.
k
23 février 2011
karen
to Geneviève
o.k.
maintenant, je pourrais m’excuser pour mes perceptions trop sensibles de bruit d’hier…mal à la gorge, les éternuements aujourd’hui… même le plaisir d’être à la gare avec mon café ne fonctionne pas. je suis grumpy! ce qui me fait réfléchir qu’en effet l’espace extérieur est moins important que ma sensation de plaisir provenant de mon espace intérieur.
k
24 février 2011
salut geneviève,
sur le route de retour de ma maison une madame avec une canne s’est m’arrêter sur le trottoir pour me demander si la rue victoria était “par-là.” dès que quelqu’un me demande des directions, ma tête devient vide, mais après une pause qui me permet de m’orienter, je lui ai répondu: “oui, victoria est par là depuis une semaine.”
naturellement, elle me sourit et expliqua qu’elle parlait d’un coin de rue …
oooph!
…
dés que je t’ai invité pour partager un café avec moi sur le banc à la gare sainte-thérèse, j’ai développé une sensation d’attente. dans la manière où, c’est comme une partie de moi qui t’attend, et cette attente est une possibilité d’une future apparition de toi qui me change moi et mon expérience… c’est comme si je ne suis plus là, assise sur le banc, en toute sécurité ‘’d’anonyminité’’. its like now i can be “seen” or something. c’est comme si il y avait une côté de moi, un fantôme de moi, qui réside au-dessus de moi, qui me regarde comme si j’étais toi ….je te cherche avec mes yeux, avec mes oreilles. i am always half-expecting you to appear.
et juste encore une autre petite partie d’information:
j’épluche et mange mon orange à l’intérieur du train sur mon trajet de retour. je fais ça à ce moment parce que je ne peux pas éplucher mon orange avec mes mitaines sur mes mains, et même de sectionner l’orange en morceaux avec les mitaines n’est pas facile. si j’enlève mes mitaines pour éplucher l’orange, mes doigts gèlent… et donc, j’attends pour le faire à l’intérieur du train.
ainsi, c’est les conditions de météo en hiver au québec qui conditionne mon approche.
j’espère que toi, tu va bien,
k