13 mars à 15 mars 2011
13 mars 2011
bonsoir geneviève,
i will be sad when the time comes to not write you, to not have this daily ritual in front of me.
je vais penser à toi demain matin..
k
13 mars 2011
salut geneviève,
c’est vrai que tu ne me connais pas depuis longtemps, je te le dis avec un sourire parce que le fin du trajet à sainte-thérèse pour moi n’arrête pas que le 8 d’avril, mais dans le sens que le projet et presqu’à moitié fini, je commence à faire le deuil.
k
14 mars 2011
allo ma belle,
ah oui! il y avait quelqu’un sur mon banc à la gare de sainte-thérèse à mon arrivée. un homme, un ouvrier du cn. il y avait deux gars, un qui a effectué le travail, l’autre qui… je ne sais pas qu’est-ce qu’il faisait. tous le deux dans des vestons orange sur le quai. et l’un d’entre eux se reposant sur mon banc. mais, dès que j’ai commencé à m’installer, à m’assoir à côté de lui, il a quitté en disant, “attend-tu le train?”
assise sur le banc, en regardant les deux hommes au travail, avec les sonneries des cloches d’église, le son de la pluie sur le toit, et les cris des mouettes autour de moi, j’ai pensé que le monde est tellement beau.
i remember thinking awhile back that this sentiment – that the world is beautiful – is really just a conditioned cultural bias, like why do we think green grass and blue sky is beautiful, what if the grass was yellow and the sky pink, would we think that was beautiful? but today i figured, no, the world just is beautiful, and whether or not this feeling is a conditioned cultural reflex or not, it doesn’t really mater, what matters is the sentiment of being enveloped in something quite exceptional and at the same time quite banal.
mais, c’est vrai que les jours comme ça, avec les nuages qui embrassent la terre, avec les cris des mouettes et le son de la pluie sur le toit, ça me fait penser à l’île de vancouver, à mon enfance. et en plus, je porte une hoodie rouge. quand j’étais petite, tous les enfants, donc mes deux frères et moi, avons porté les hoodies rouge lorsque nous allions à la plage, comme à chaque jour… notre mère nous a toujours mis à la porte avec la consigne que les enfants devaient jouer dehors…même sous la pluie (il pleut très souvent)… et moi; j’adorais mon hoodie rouge parce-que c’était le même que mes deux frères.
bonne nuit geneviève et à demain!
k
15 mars 2011
bonne journée ensoleillée geneviève!
en face de mon banc à la gare sainte-thérèse où je prends mon lunch, il y a une édifice de sept étages qui est, peut-être, une maison de retraite pour les gens d’un certain âge. chaque appartement semble avoir un balcon. il y a environ un mois, j’ai vu une madame sur son balcon. elle était la seule personne jusqu’à maintenant qui habitait son balcon. ce jour-là, elle a déplacé la glace, elle avait poussé la glace au dehors de son balcon pour que la glace tombe sur la terre en-dessous. hier, je l’ai vu encore, sauf cette fois, elle est restée debout et elle a basculé dans les deux sens sur les semelles de ses pieds–tout en fumant une cigarette. aujourd’hui, je l’ai vu encore sur son balcon –cette fois, elle s’est assise dans une grande chaise.
probablement parce que le projet est plus à la fin qu’au début, je me penche plutôt sur le retour. parce que le retour, c’est quelque chose de plus conceptuelle peut-être. dans le sens que je ne pouvais pas être certaine vraiment vraiment que je suis de retour. la vue du voyage en retour n’est pas la même. je m’assis de l’autre côté de train, je regarde l’autre côté du chemin, je vois un paysage autre que l’aller. puis, j’approche les choses d’une direction différente, je vois l’autre face des choses. je me demande si je suis sur la même route, si je retourne par une autre route, ou bien si je fais un cercle, à quel point est-ce-que je pourrais dire que je suis de retour? au moment de l’arrivée encore au même lieu?
mais, bien, une question d’attitude plus que de direction sur la terre. une question aussi de foi.
k